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Les trois piliers de la prospérité !

15 février 2012
troispiliers

La prospérité est un état qui ne connaît pas le repos (Sénèque).En effet, la prospérité repose sur trois piliers principaux : la finance, l’énergie et la mobilité. Or, nous vivons actuellement une période agitée qui remet en question à la fois le financement de la dette des Etats, l’approvisionnement énergétique à long terme et la mobilité des personnes et des marchandises.

La finance
Une crise monétaire et financière sans précédent déstabilise à la fois le monde politique, les opérateurs financiers et les chefs d’entreprises. Elle a débuté par une crise boursière engendrée par une minorité d’acteurs financiers plus avides de gains personnels rapides et à court terme que de stabilité et de prospérité économique. Ce faisant, ils ont oublié que la prospérité est principalement le fruit du travail, pas de la spéculation. Il n’est pas normal et sain de faire de l’argent avec de l’argent.
Les gouvernements portent également une part de responsabilité dans la crise actuelle. La plupart des pays ont vécu durant des décennies au-dessus de leurs moyens, espérant rembourser, ou plutôt ne pas rembourser, leurs dettes grâce à l’inflation. Aujourd’hui, ce sont les citoyens de ces pays sur endettés qui paient une facture salée sous forme de plans de restructuration successifs, ce qui, dans le monde globalisé que nous connaissons, est la forme moderne de la dévaluation monétaire.

L’énergie
Dans la plupart des pays industrialisés, l’accident nucléaire de Fukushima a provoqué des décisions émotionnelles et bouleversé les modèles d’approvisionnement en énergie. Certes, l’abandon de l’énergie de fission nucléaire était programmé, mais il devait être progressif afin de remplacer l’électricité ainsi produite par des énergies de substitution. En décidant du jour au lendemain d’arrêter de nombreuses centrales nucléaires à plus ou moins court terme, les autorités sacrifient sur l’autel de l’écologie une part importante de la prospérité, alors qu’elles n’ont pas de réponse crédible pour l’approvisionnement futur.
A ce titre et après une quinzaine de jours de grand froid, la remise en production de centrales nucléaires allemandes est symptomatique. Pour l’instant, nous n’avons pas de solution acceptable pour remplacer l’électricité d’origine nucléaire, courant de base par excellence. Les grands discours et les digressions sur les possibilités d’économie d’énergie ne sont que de la poudre aux yeux.

La mobilité
De tout temps, les échanges commerciaux ont été un pilier important de la prospérité. Ceux-ci ne peuvent se concevoir sans une mobilité adaptée aux besoins de l’économie. Depuis de nombreuses années, quelques fanatiques de la mobilité douce, dogmatiques et irresponsables, ainsi que certains ingénieurs du trafic (ce qui n’est pas incompatible) désirent transférer les transports de personnes et de marchandises sur les transports publics. Or, comme le soulignait Monsieur Patrick Eperon dans un récent article de 24 Heures : « La réponse à la hausse de la mobilité ne peut se limiter à la promotion des transports publics ».
Toujours sous la plume de Monsieur Patrick Eperon, Patron, l’organe du Centre patronal vaudois, titrait : « Transfert du trafic de la route au rail : la grande illusion ». Ce qui est vrai en matière de transports de marchandises (dans la réalité, ceux-ci sont plutôt transférés du rail à la route), l’est aussi pour les transports de personnes. Si l’augmentation du nombre de voyageurs qui ont opté pour les transports publics est réjouissante, il n’en demeure pas moins que la voiture assure les trois quarts de ce trafic.
Que ce soit en trafic de personnes ou de marchandises, un transfert massif sur le rail est impossible. En effet, il faudrait au moins doubler les infrastructures existantes, ce qui serait tout simplement inimaginable dans certains noeuds ferroviaires. Dès lors, il faut opter pour une meilleure complémentarité entre les différents modes de transports.
L’économie ne peut supporter plus longtemps le coût d’embouteillages routiers qui se chiffre annuellement en centaines de millions, voire en milliards de francs. Actuellement, la prospérité est entravée par la congestion du trafic automobile. Or, les bouchons augmentent d’année en année et nous ne pourrons pas nous contenter longtemps de mesures placebo, comme l’utilisation ponctuelle des bandes d’arrêt d’urgence sur les autoroutes. Il faut supprimer une bonne fois pour toutes les goulets d’étranglement en dimensionnant les points stratégiques pour faire face à l’augmentation du trafic. Une mesure en appelant une autre, il est également nécessaire que les ingénieurs du trafic remettent en question certains dogmes à la mode et acceptent que les agglomérations ont également besoin de places de parcs, si possible souterraines, à proximité des commerces et des centres d’affaires.

Les trois piliers de la prospérité
Comme nous pouvons le constater, toutes les conditions cadres ne sont pas réunies pour assurer la prospérité de notre pays et de ses habitants. Il est urgent que nos autorités fédérales, cantonales et communales en prennent conscience et remédient conjointement, point par point, aux carences actuelles. La prospérité est la seule garante de notre avenir si nous ne voulons pas à terme vivre au-dessus de nos moyens et nous retrouver dans une situation à la grecque.

 Charles Friderici
Secrétaire général ACS Vaud


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